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Autour de Frédéric Fiebig (suite)

Par Kyra Kapsreiter-Homeyer - Extraits de la conférence

 

" ...Son périple commence en Lettonie, russe à cette époque, Frédéric Fiebig y est né au mois de mai 1885, à Talsen, une petite commune près de Riga.

Dès son jeune âge, les traits essentiels de son caractère se manifestent. Aspect taciturne et renfermé de ses relations avec autrui, aversion de toute institution....

... D’une liaison avec une étudiante, naîtra en 1919 une fille, en 1921 un fils......

Enfants au bord de l'eau

Huile sur carton


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... Après un séjour à Ladevèze et à Lescar qui n’apportent pas d’amélioration décisive à l’état de santé d’Eric, la famille se décide en 1929 à venir en Alsace où l’air des forêts vosgiennes est censé être particulièrement pur et bénéfique.

Lorsque qu’Eric meurt en 1932 à Sélestat, Fiebig décide de ne plus jamais quitter le lieu où se trouve la tombe de son fils.

Sélestat, en vieille ville

Huile sur carton
H x L : 25,1 x 23,3



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Il reprend les explorations dans les ruelles de la vieille ville. Il peint par exemple la Rue Bornert ou la Rue du Sel.

D’épaisses tâches en gris brun, portés à la spatule, dominent ces tableaux travaillés de plus en plus en triangle. La conception générale devient construction triangulaire.

Fiebig circule aussi dans les communes environnantes, le long de la route du vin, à Bergheim, à Scherwiller ou à Rodern par exemple.

Il peindra également en de multiples variations les fenaisons dans le Grand Ried.

Ces images démontrent la grande sensibilité coloriste. Les représentations du ciel révèlent un artiste de l’abstraction.

Sélestat
Coin rue Sainte Odile - Eté


Huile sur carton
H x L : 18,5 x 16,5


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En 1934, Fiebig découvre le Taennchel. Pendant plus d’une année, il habite la Grimmelshütte, un abri forestier. Solitude et paysage le captivent. C’est là, loin, au-dessus des hommes, dans une retraite ascétique, vivant dans des conditions extrêmement précaires qu’il réussit la synthèse totale de son amour de la nature et de son art.

En moins d’une année, il crée au Taennchel une œuvre considérable. Il peint et peint encore les vues du refuge sous la multiplicité changeante des couleurs du jour et des saisons.

Les plus fines nuances aussi bien que les contrastes les plus durs apparaissent sous un jeu multiple de lumière.

Refuge et arbres se fondent harmonieusement.Les arbres, les épais fourrés et les sous-bois sont saisis dans l’atmosphère de l’instant qui fuit.

Et suivant l’humeur du peintre, les tableaux apparaissent tantôt expressionnistes, tantôt abstraits, souvent dans cette conception triangulaire familière.

La vue de la vallée captive également le peintre dont le regard saisit le lointain, tout comme il embrasse l’étendue de l’horizon des prairies du Ried dans les fenaisons.

A voir ces tableaux, on a l’impression que c’est maintenant que Fiebig trouve, dans un nouvel élan créatif, ce qu’il a, aussi bien l’homme que l’artiste, cherché jusque là : la fusion de l’individu avec la nature. Car la nature est objet certes, mais elle agit aussi sur l’âme du peintre. Clément Morro, en 1913, avait déjà écrit que Fiebig était un " impressionniste au vrai sens du terme ".

Les efforts déployés sa vie durant par le peintre pour se fondre dans la nature et pour la comprendre ont finalement été couronnées de succès au Taennchel, ici en Alsace.

C’est là que notre peintre, amoureux de la nature, passionné de son pays natal, a observé si longuement les paysages alsaciens qu’il en est venu à vibrer à l’unisson avec cette patrie ici en Alsace. C’est peut-être pour cette raison que certaines personnes considèrent Fiebig comme un maître de la peinture alsacienne.

Celui-ci aurait probablement réalisé encore d’autres belles oeuvres au Taennchel, s’il n’avait pas été forcé de retourner à Sélestat dont il saisit rues et ruelles, jardins et parcs pour les immortaliser de sa vision d'artiste.

Refuge au Taenchel
Grimmelshütte - Automne


Huile sur carton
H x L : 15,9 x 17,5


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Fiebig est mort en 1953, presque aveugle, pauvre et oublié.

Aussi l’hommage qui lui est rendu aujourd’hui n’en est-il que plus juste, et l’intérêt qui lui est porté actuellement vient-il couronner un peintre des paysages d’Alsace, de France et d’Europe.

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voir le site consacré à Frédéric Fiebig